Festival international panafricain de Nguékokh : la 10ᵉ édition tenue à Ouagadougou sous le signe de la souveraineté économique africaine

La capitale burkinabè va vibrer aux couleurs du panafricanisme à l’occasion de la 10ᵉ édition du Festival international panafricain de Nguékokh (FIPAN), un rendez-vous culturel et intellectuel placé sous le thème : « Les défis de la souveraineté économique africaine : cas pratique de l’AES ».

Dans le cadre de cette édition du 10 au 20 octobre 2025, la coordonnatrice du FIPAN pour le Burkina Faso, Madame Fatou Weouli Balora, a rappelé que ce festival se veut un cadre de réflexion, d’action collective et d’engagement pour une Afrique unie, libre et économiquement indépendante.

Face aux participants venus de plusieurs pays du continent et de la diaspora, Mme Balora a exprimé toute sa fierté d’accueillir cette édition historique au Burkina Faso. « Le Festival international panafricain de Nguékokh se veut un cadre de concertation et de prédilection pour les jeunes panafricanistes, des jeunes engagés et soucieux de l’avenir de notre chère Afrique et de l’héritage fier que nous devons léguer à nos enfants », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que cette 10ᵉ édition s’inscrit « dans une dynamique historique de rupture, d’affirmation et d’émancipation », dans un contexte continental marqué par la volonté de reconquête de la souveraineté et de la dignité africaine.

La coordonnatrice du festival a également tenu à exprimer sa gratitude envers les autorités et partenaires qui ont accompagné la mise en œuvre de cet événement panafricain : le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, parrain de l’édition ; le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, co-parrain ; ainsi que les ministres de la Communication, de la Sécurité, de la Jeunesse et des Sports, sans oublier le Président de la Délégation spéciale (PDS) de Ouagadougou. Elle a aussi salué le soutien de Son Excellence Saïdou Maïga, ambassadeur du Burkina au Sénégal, et de structures comme la SONAGESS, la SOTRACO, l’Espace culturel Gambidi et le CDC La Termitière pour leur appui matériel et technique.

« À mon comité d’organisation, une équipe courageuse et très dynamique qui a bravé des montagnes pour donner à cette 10ᵉ édition son éclat international, j’adresse toute ma reconnaissance », a conclu Mme Balora, dans un ton à la fois combatif et reconnaissant.

Représentant le PDS de la ville de Ouagadougou, M. N’Do Sylvestre, conseiller technique, a livré un discours engagé sur les défis de la souveraineté économique africaine. « Ce thème n’est pas seulement une question de finances, mais bien de dignité, de liberté et de développement durable », a-t-il affirmé, avant de dénoncer les dépendances économiques qui freinent le continent : « Trop souvent, nos ressources quittent nos sols pour revenir transformées à prix exorbitants. Trop souvent, nos économies dépendent d’aides extérieures qui deviennent des chaînes invisibles. »

Selon lui, l’Afrique dispose de toutes les ressources humaines et naturelles nécessaires pour transformer son potentiel en puissance réelle. « La souveraineté économique, c’est investir dans notre jeunesse, valoriser nos ressources locales, encourager l’entrepreneuriat africain et renforcer le commerce intra-africain », a-t-il insisté, appelant les peuples à croire en eux-mêmes.

S’inspirant des figures historiques du continent, M. N’Do Sylvestre a cité Kwame Nkrumah, Thomas Sankara et Patrice Lumumba, rappelant que « l’indépendance politique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une indépendance économique ». Il a par ailleurs salué la démarche souverainiste des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), incarnée par le Général Assimi Goïta, le Général Abdourahamane Tchiani et le Capitaine Ibrahim Traoré, présentés comme des modèles de courage et de leadership africain.

« L’Afrique n’est pas pauvre, elle est pillée. L’Afrique n’est pas en retard, elle est freinée. L’Afrique ne doit plus tendre la main, elle doit déployer ses ailes », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris du public.

Durant dix jours, le Festival international panafricain de Nguékokh a servi de cadre d’échanges, de formations, de débats et de créations artistiques autour de la culture, de la souveraineté et de la jeunesse. Au programme figuraient des panels et conférences, des débats et arbres à palabre, des activités culturelles, des expositions-vente et des rencontres B2B. Ces moments de partage ont permis aux jeunes panafricanistes d’échanger sur les défis et perspectives du développement du continent.

Le FIPAN 2025 s’impose ainsi comme une plateforme d’expression, de solidarité et de transformation sociale, au service d’une Afrique fière, unie et économiquement souveraine.

Adama Diallo

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