Nuit de l’inclusion : le CEFISE plaide pour une meilleure prise en charge des enfants handicapés, particulièrement les enfants sourdaveugles

Nuit de l’inclusion : le CEFISE plaide pour une meilleure prise en charge des enfants handicapés, particulièrement les enfants sourdaveugles

À travers une soirée riche en émotions et en engagements, le Centre d’Éducation et de Formation Intégrée des Sourds et des Entendants (CEFISE-BENAJA) a organisé la première édition de la Nuit de l’inclusion à Ouagadougou. Une initiative qui se veut à la fois un cadre de plaidoyer, de mobilisation et de valorisation des actions en faveur des personnes en situation de handicap, avec un accent particulier sur les enfants sourdaveugles.

Mme Thérèse P. KAFANDO Directrice générale du CEFISE-Benaja

Dès l’entame, la Directrice générale du CEFISE-Benaja, Mme Thérèse P. KAFANDO, a dressé un tableau poignant de la réalité de ces enfants, souvent invisibles dans la société burkinabè. Rappelant que l’éducation des personnes sourdaveugles remonte à 1860 en France, elle a souligné que des solutions existent, mais restent encore insuffisamment appliquées au Burkina Faso.

« Dans notre pays, ces personnes vivent bien souvent cloîtrées, privées de communication et d’éducation », a-t-elle déploré. Une situation d’autant plus préoccupante que, suite à une campagne de sensibilisation menée en 2018, le CEFISE a identifié une vingtaine d’enfants sourdaveugles âgés de 6 à 22 ans, dont près de la moitié ne sont malheureusement plus en vie aujourd’hui.

Face à cette réalité alarmante, le CEFISE a décidé d’agir. L’institution a ainsi élaboré un projet dédié à la prise en charge de ces enfants, axé sur leur identification, leur accompagnement éducatif et psychosocial, la formation de professionnels spécialisés, ainsi que la sensibilisation des familles et des communautés. Ce projet bénéficie notamment de l’appui de partenaires tels que l’ONG Light for the World, qui a contribué à la mise à disposition d’infrastructures, à l’équipement et au renforcement des capacités du personnel.

Mariam ZAGRE/KABORE
Représentant le ministère de la Famille et de la Solidarité

Représentant le ministère de la Famille et de la Solidarité, Mme Mariam ZAGRE/KABORE, Directrice de la protection et de la promotion des personnes handicapées, a salué une initiative « noble et porteuse d’espoir », tout en réaffirmant l’engagement de l’État burkinabè à promouvoir les droits des personnes handicapées. Elle a rappelé que l’inclusion sociale est inscrite comme une priorité dans le Plan national de développement 2026-2030 dénommé « RELANCE ». Toutefois, elle a reconnu que certains handicaps, notamment la surdicécité, restent encore insuffisamment pris en compte dans les politiques publiques. « Cette réalité interpelle notre conscience collective et nous rappelle que chaque vie mérite attention et accompagnement », a-t-elle insisté, saluant le projet du CEFISE comme une réponse pertinente et urgente.

La Nuit de l’inclusion avait également pour objectif de présenter les résultats de la capitalisation des expériences du CEFISE, mettant en lumière les bonnes pratiques, approches et résultats des actions menées.

Ce processus de capitalisation des expériences du CEFISE, appuyé par l’ONG E-Changer, a permis de mettre en exergue les connaissances, de les transformer en savoir-faire, puis ces savoir-faire en pratiques aujourd’hui partageables.

 

Emmanuel BORO Travailleur social et Cooper-Acteur à l’ONG E-Changer

Dans sa présentation, Emmanuel BORO a indiqué que le CEFISE-Benaja accueille chaque année entre 700 et 900 apprenants en situation de handicap. Au total, ce sont plus de 10 000 apprenants handicapés qui ont été pris en charge depuis la création de la structure.

Il a également évoqué les résultats d’un projet mis en œuvre par le CEFISE-Benaja dans le cadre de la promotion de l’employabilité des personnes sourdes et malentendantes. Dans le cadre de ce projet, plus de 165 personnes formées et qualifiées ont été recensées. Parmi elles, plusieurs ont bénéficié du financement de leurs plans d’affaires et sont aujourd’hui devenues des chefs d’entreprise, contribuant ainsi à leur insertion socio-économique.

« Ces résultats traduisent un véritable impact en matière d’inclusion et d’autonomisation », a souligné Emmanuel BORO, travailleur social et Cooper-Acteur à l’ONG E-Changer, partenaire du CEFISE-Benaja.

Noël Zankoné, Coordinateur national de l’ONG E-Changer

Pour Noël Zankoné, coordonnateur national de l’ONG E-Changer, partenaire technique et financier du CEFISE-Benaja, cette collaboration s’inscrit dans la durée et dans une vision partagée de l’inclusion. « Le partenariat entre le CEFISE et l’association E-Changer ne date pas d’aujourd’hui. La promotion des personnes vivant avec un handicap constitue l’un des axes majeurs d’intervention de notre organisation. Au regard de tout le travail accompli par le CEFISE, comme cela a été mis en évidence lors des présentations des résultats de la capitalisation, nous avons été particulièrement impressionnés. Partir de 19 apprenants pour atteindre aujourd’hui des milliers de bénéficiaires est une évolution remarquable. Nous avons estimé qu’il était essentiel de conjuguer nos efforts avec ceux du CEFISE afin d’impacter davantage l’inclusion, notamment à travers la promotion des droits des enfants vivant avec un handicap, en particulier ceux atteints de surdité », a-t-il déclaré.

Le CEFISE-Benaja est une organisation promotrice de l’éducation inclusive au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest francophone. Il a été créé en 1988 et constitue une composante de l’Association Évangélique pour la Promotion des Sourds (AEPS). Pionnier dans son domaine, le CEFISE-Benaja s’impose aujourd’hui comme une école et un centre de référence en matière d’éducation, de formation et d’insertion professionnelle, au profit des personnes en situation de handicap, mais aussi de celles sans handicap.

Sa mission est de promouvoir le développement holistique des personnes handicapées et des personnes sans handicap à travers des services spécifiques tels que l’audiologie, l’orthophonie, la psychologie, le centre d’écoute et l’assistance sociale. L’institution intervient également dans les domaines de l’éducation, de la formation et de la santé, en s’appuyant sur l’approche de la communication totale.

                                                      Adama Diallo

 

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