Littérature et éveil des consciences : Banlo Kambou interroge les mentalités africaines à travers un essai politique sur l’AES
Peut-on construire une Afrique prospère sans transformation profonde des mentalités ? C’est autour de cette interrogation que s’articule l’ouvrage « Mentalités et développement en Afrique subsaharienne, les combats de l’AES » de l’écrivain et essayiste burkinabè Banlo Kambou, officiellement présenté à ce 6 mai 2026 à Ouagadougou lors d’une cérémonie de dédicace organisée aux éditions Mercury.
À travers cet essai politique de plus de 230 pages, l’auteur propose une lecture critique des défis du développement en Afrique subsaharienne, avec un accent particulier sur les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Loin de limiter le débat aux questions économiques ou infrastructurelles, l’ouvrage défend une thèse centrale : le véritable défi du continent est aussi psychologique, culturel et comportemental.
Publié aux éditions Mercury et vendu au prix de 8 000 FCFA, le livre est structuré en cinq grandes parties subdivisées en dix chapitres. L’œuvre explore des thématiques liées à la gouvernance, la démocratie, la culture, la diplomatie, la sécurité, l’éducation, l’économie ou encore la presse.
Dans cet ouvrage, Banlo Kambou soutient que l’Afrique doit se départir de certains réflexes hérités de la colonisation, notamment les complexes de dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Selon lui, le développement passe également par une revalorisation des valeurs culturelles africaines, de la discipline collective, du patriotisme économique et de la confiance en soi.
Le livre met également en avant l’Alliance des États du Sahel comme un symbole de rupture stratégique et idéologique. Pour l’auteur, l’AES ne représente pas uniquement une coopération sécuritaire, mais une volonté politique de reconquête de souveraineté et d’autonomie décisionnelle.

Parmi les chapitres évoqués figurent des titres comme « Le désespoir est-il justifié ? », « Démocratie africaine et afrocratie », « Représentativité de l’Afrique dans le contexte économique mondial » ou encore « Presse et liberté d’expression ».
L’essai s’intéresse aussi au système éducatif africain et au rôle de la presse dans la construction des consciences citoyennes. Des sujets qui rejoignent les préoccupations actuelles de plusieurs intellectuels africains sur la nécessité de former une jeunesse capable de penser le développement à partir des réalités locales.
Présentant l’œuvre au public, Maxime Bako a salué un travail de réflexion porté par un autodidacte passionné des questions géopolitiques, diplomatiques et sécuritaires.

Au-delà du contenu intellectuel, la publication de cet ouvrage porte également une forte dimension humaine. L’auteur a confié avoir entamé la rédaction du manuscrit depuis 2006, avant que le projet ne soit interrompu pendant plusieurs années, notamment à la suite d’un grave problème de santé qui l’a plongé dans un coma de trois mois.
Pour plusieurs intervenants à la cérémonie, cette parution constitue ainsi une leçon de persévérance et de résilience. Malgré les épreuves traversées, Banlo Kambou a poursuivi son engagement intellectuel avec la volonté de contribuer au débat sur l’avenir du continent africain.

éditeur
Co-préfacé par Thierry Millogo et Jonas Hien, l’ouvrage se veut un outil d’éveil des consciences destiné aux citoyens africains, particulièrement à la jeunesse.
À travers cette publication, l’auteur invite les lecteurs à repenser les bases du développement africain en privilégiant la responsabilité collective, la transformation des mentalités et la valorisation des ressources internes du continent.
Disponible dans les librairies Mercury, Jeunesse d’Afrique et DIACFA, « Mentalités et développement en Afrique subsaharienne, les combats de l’AES » s’inscrit dans le courant des essais africains qui interrogent les modèles de gouvernance et les voies d’émancipation du continent.
Educateur du Faso









